SITE EN RECONSTRUCTION
L'EDITO
C’est un métier. Un métier avec ses difficultés, sa rigueur, ses contraintes, ses aléas. Et pourtant, ça n’est pas tout à fait un métier comme les autres. Le journaliste n’est ni un marchand d’articles, ni un technicien, ni un artiste de la plume ou du micro. Ca n’est pas un écrivain, ni un metteur en scène. La matière qu’il manie, qu’il triture n’est jamais tout à fait abstraite, ni pleinement matérielle. Le journaliste raconte le monde dans ce qu’il a de plus visible ou de plus imperceptible ; il le décrit sans le peindre ; le transmet sans le dénaturer ou l’interpréter, le donne à voir ou à réfléchir. Il témoigne sans être un acteur.
C’est en cela que le journaliste ne doit pas être en première ligne. Mais se mettre à l’écart pour observer, saisir, tâcher de comprendre. Et être ce relais indispensable et consciencieux vers le public, cet intermédiaire entre les faits et ses lecteurs ou auditeurs. Non pour se livrer à une course échevelée au scoop mais pour mieux délivrer une information juste, précise, rigoureuse et responsable, en ayant conscience des limites à ne pas franchir. Et se révéler un témoin objectif, si cela existe, critique et lucide, mesuré et raisonnable, si cela est possible. Défendre une certaine éthique de la profession peut paraître décalé dans un monde livré à la frénésie de l’instantanéité. C’est pourtant la dignité de notre métier, qui nécessite une force de résistance aux pressions de toutes sortes et aux caprices versatiles des modes.
Marc FRANCOIS
Président du Club de la Presse Clermont-Ferrand/Auvergne